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Avertisseur sonore pour les véhicules électriques

Les véhicules électriques et hybrides doivent désormais faire du bruit pour des raisons de sécurité routière. Les constructeurs automobiles se réjouissent, tandis que le combat à tous les niveaux s’organise contre le bruit routier.

Tous les véhicules électriques et hybrides neufs avec une homologation générale UE et importés en Suisse depuis le 1er juillet 2021 doivent émettre un son artificiel. Pour rappel, la Suisse reprend ici une ordonnance de l’Union européenne, selon les accords bilatéraux. Elle n’a cependant pas d’effet rétroactif pour les véhicules dédouanés avant cette date.

Techniquement, ça veut dire quoi?

Cela signifie que tous ces véhicules doivent être équipés d’un système d’avertissement sonore (Acoustic Vehicle Alerting System / AVAS), qui émettra un son dès le démarrage et jusqu’à 20 km/h, et en marche arrière.

Cette obligation concerne les voitures de tourisme, les véhicules utilitaires légers et lourds, ainsi que les bus et les autocars. Les vélos électriques et les motos électriques ne sont pas concernés.

Pourquoi?

Cette exigence a un but de sécurité routière. Le son artificiel permettra aux véhicules réputés pour leur silence d’être entendus surtout des cyclistes et des piétons. Cette obligation, en l’état, ne ravit cependant ni la Ligue suisse contre le bruit ni la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (lire notre article sur le sujet paru ce mois dans notre journal papier).

Outil marketing

Les sons artificiels des véhicules électriques et hybrides sont déjà un outil marketing depuis plusieurs années. Dans un article paru en mai 2021, le magazine des consommatrices et consommateurs Bon à savoir mentionnait par exemple la marque Audi, dont le modèle e-tron GT est équipé d’un système sonore capable de faire plus de bruit à grande vitesse. «AMG, une division de Mercedes, a même élaboré un concept sonore avec un groupe de rock metal, afin que le son «rugueux» de AMG soit conservé pour les voitures électriques », écrivait-il encore.

Combat contre le bruit routier

Le Conseil fédéral a affirmé encore cette année qu’il allait défendre au niveau international la limitation de l’utilisation des AVAS à une vitesse de 20 km/h. Pour rappel, les voitures électriques et hybrides sont soumises aux mêmes limites de bruit que les véhicules routiers au-delà du 20 km/h, soit 75 dB(A).

Degré de sensibilité Valeur
de planification
en dB(A)
Valeur limite
d’immission
en dB(A)
Valeur
d’alarme
en dB(A)
JourNuitJourNuitJourNuit
IDétente504055456560
IIHabitation554560507065
IIIHabitation/
artisanat
605065557065
IVIndustrie655570607570

Valeurs limites d’exposition pour les différentes zones.
Source: OFEV

Plus généralement, la problématique du bruit routier est bien présente sous la coupole fédérale. Le Parlement suisse a ainsi adopté au début de cette année une motion «visant à réduire de manière efficace le bruit excessif des moteurs». Depuis, le Conseil fédéral examine des mesures pour y parvenir.

La Ligue suisse contre le bruit aimerait que les radars acoustiques fassent partie de ce dispositif de lutte. Elle a d’ailleurs remis la compresse cet été avec une pétition forte de 17’000 signatures afin que le Conseil fédéral et le Parlement mettent un terme au «bruit inutile causé par les motos, les gros véhicules tout-terrain et les voitures de sport en ville et à la campagne».

En Suisse, les nuisances sonores liées au trafic sont notamment combattues par l’assainissement des routes et la réduction de la vitesse. Ces dernières années, des cantons ont aussi mené des actions sur le terrain contre les véhicules bruyants.

Le Canton de Vaud serre la vis

Le Canton de Vaud a par exemple décidé ce printemps d’intensifier sa lutte contre les véhicules bruyants. Ce serrage de vis est passé par une plus grande collaboration entre le Service des automobiles et de la navigation (SAN) et les polices vaudoises. Sur le terrain, cela se traduit par des contrôles routiers plus fréquents et un renforcement des mesures administratives prises à l’encontre des contrevenant(e)s. Désormais, les véhicules non conformes peuvent être saisis sur le champ et les pièces non homologuées détruites.

Depuis cette annonce de mai dernier, les polices communales, la police cantonale et le SAN ont mené environ une trentaine de ces opérations anti-bruit sur le territoire vaudois. À mi-octobre, ces dernières avaient permis de contrôler un peu moins de 1000 véhicules et dénoncer plusieurs centaines de contrevenant(e)s, indique la Police cantonale vaudoise. Au 7 octobre, le SAN avait au total procédé au démontage de pièces non conformes sur 16 véhicules.

Le SAN se réjouit donc de ce bilan «positif d’un point de vue de la santé publique», puisque la nouvelle manière de faire permet de protéger immédiatement la population des émissions sonores excessives. S’il est trop tôt pour savoir si cette politique a un effet dissuasif, le SAN imagine toutefois que «de telles actions vont porter leurs fruits tôt ou tard» en raison des conséquences importantes pour les contrevenant(e)s.

Conséquences financières et pénales

Le prix à payer peut être en effet élevé: «Retrait du droit de circuler, saisie de pièces et/ou du véhicule et destruction de ces pièces non conformes sont déjà des conséquences financières conséquentes pour leur détenteur, rappelle le SAN. À quoi il faut encore ajouter les sanctions pénales.»

Du côté de la Police cantonale vaudoise, on souhaite en tout cas «ardemment que le message passe, qu’il sera compris et que les règles seront respectées». Les forces de l’ordre estiment plus que probable que ces opérations se poursuivront en 2022. Peut-être même de façon plus fréquente.

Voilà toutes les conductrices et tous les conducteurs avertis, y compris celles et ceux des voitures électriques et hybrides.

Pour aller plus loin

Le bruit routier peut être réduit significativement par des mesures à la source comme des revêtements phonoabsorbants, l’utilisation de pneus silencieux, l’introduction de réductions de vitesse et une conduite adaptée, selon l’Office fédéral de l’environnement. Mesures contre le bruit de la circulation routière, OFEV

La Ligue suisse contre le bruit lutte contre le bruit routier – laermliga.ch.

La Fédération suisse des aveugles et malvoyants est entre autres à l’origine de l’obligation de l’AVAS – sbv-fsa.ch.

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Branché-e et bien informé-e

Les engins électriques doivent respecter les règles de la circulation pour la sécurité de tous. On vous résume ici les infos les plus importantes concernant leur utilisation et on vous donne quelques bons tuyaux.

Crédit photo: Fotolia

Engins autorisés à circuler sur la route

Peu importe leur forme, les engins électriques ont le vent en poupe, en Suisse et ailleurs, pour se rendre à l’école ou au travail, ou pour les loisirs. Et pour cause, ils permettent de se déplacer facilement sans avoir à trouver une place de parc. Ils sont en plus réputés pour être écologiques. Vous trouverez dans le tableau ci-dessous les règles concernant les quatre engins actuellement les plus populaires sur nos routes.

EnginGyropode e-trottinette e-bike lent e-bike rapide
Vitesse max. (moteur ou assist. au pédalage)20 km/h 20 km/h 25 km/h45km/h
HomologationNécessairePas nécessaire Pas nécessaire Nécessaire
Plaque d’immatriculationNécessaire Pas nécessaire Pas nécessaire Nécessaire
Âge minimum14 ans14 ans14 ans14 ans
Permis14-16 ans, M ou G 14-16 ans, M 14-16 ans, M Catégorie M
CasqueConseilléConseilléConseilléObligatoire
Piste cyclableObligatoireObligatoire Obligatoire Obligatoire
Autorisé sur route publiqueOuiOuiOuiOui
Autorisé sur trottoirNonNonNonNon
Règles de circulationIdem vélo Idem vélo Idem vélo Idem vélo
DiversPneus appropriés
Sonnette
Feux non
clignotants
Rétroviseur
Feux fixes
et homologués,
non clignotants
Sonnette

Engins non admis à la circulation

Attention: ce tableau n’est pas exhaustif et certains des engins électriques répertoriés ci-dessus peuvent être exclus de la circulation selon leur fabrication. C’est par exemple le cas des e-trottinettes et des gyropodes ou segway, dont certains modèles n’obtiennent pas le feu vert. Il est par conséquent important de toujours clarifier la situation avec un spécialiste avant un éventuel achat.

Parmi les autres engins qui ne peuvent pas circuler sur la route, il y a aussi les e-skateboards, les monocycles et les hoverboards. Cela signifie qu’ils ne peuvent être utilisés que dans des espaces privés. Ils ne sont pas autorisés à circuler sur les trottoirs, les zones réservées aux piétons, les pistes cyclables ou encore sur la chaussée.

Très similaire à sa version non électrique, le e-skateboard n’est pas autorisé à rouler sur la route. Crédit photo: Fotolia

Conseils du TCS avant d’utiliser un engin électrique

  • Entraînez-vous sur un terrain privé avant de vous lancer dans la circulation afin de bien maîtriser votre engin. Si besoin, faites-vous expliquer le maniement de l’engin par un professionnel.
  • Évitez absolument de circuler avec tout engin motorisé non homologué sur le domaine public.
  • N’empruntez que les voies de circulation sur lesquelles vous êtes autorisés à circuler.
  • Si vous êtes autorisés à circuler sur les trottoirs et dans les zones piétonnes avec votre engin, veillez à respecter les piétons.
  • Suivez toujours les règles de circulation, notamment aux endroits dits sensibles, soit aux intersections, aux passages piétons, giratoires, feux, etc.
  • Portez un casque, ainsi que des accessoires de protection (coudières, genouillères etc).
  • Soyez bien visible (portez des vêtements clairs par beau temps et des vêtements ou accessoires rétro-réfléchissants en hiver, par temps de pluie ou en cas d’obscurité comme le matin ou le soir à certaines saisons).
  • Vérifiez auprès de votre assureur que vous êtes couvert au titre de la responsabilité civile pour l’utilisation de votre engin électrique.

Sources

TCS / BPA / Police cantonale vaudoise

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30 km/h: le point sur le cas lausannois

Précurseur en Suisse avec sa formule, Lausanne déploie depuis mi-septembre 2021 le 30 km/h nocturne. Ville et Canton sont satisfaits, tandis que les feux bleus sont dans l’attente et les transports publics, en état de vigilance.

Pour compléter son dispositif de lutte contre le bruit routier, Lausanne déploie depuis mi-septembre et durant sept semaines le 30 km/h nocturne sur tous ses grands axes. En chiffres, cela représente près de 60 kilomètres de route où la vitesse va être abaissée à 30 km/h entre 22 h et 6 h du matin, 610 nouveaux panneaux de signalisation installés dans la ville, et surtout 33 000 riveraines et riverains qui vont pouvoir bénéficier de cette mesure, a assuré la Ville de Lausanne, lors d’une conférence de presse tenue début septembre. Les axes dits pénétrants, comme la route de Romanel ou l’avenue de Rhodanie, ne seront toutefois pas concernés par ce changement de régime. Il n’empêche, cette petite révolution lausannoise suscite de la vigilance, si ce n’est de l’inquiétude, auprès de certains usagers, comme les feux bleus et les bus, qui devront, eux aussi, lever le pied.

Feux bleus épargnés?

Concernant la police, les pompiers et les ambulances, Florence Germond, municipale lausannoise en charge de la Mobilité, a dit être intervenue à plusieurs reprises auprès de Simonetta Sommaruga pour lui demander s’il était possible d’ajouter une plaque mentionnant l’exception des feux bleus sous les panneaux 30 km/h, a-t-on pu lire dans la presse vaudoise. «L’Office fédéral des routes n’est pas entré en matière», écrivaient encore nos consœurs et confrères. Devant la presse, la municipale a donc lancé un nouvel appel à Simonetta Sommaruga afin qu’elle présente une modification de la loi sur la circulation routière. Florence Germond s’est dite cependant rassurée, selon le journal Le Temps: «Dans le canton de Vaud, le procureur général Eric Cottier a déjà témoigné de l’indulgence avec laquelle il examinera les situations juridiques en découlant.»

La question des transports publics

Concernant les bus et le 30 km/h, une problématique que nous développons dans notre journal papier de ce mois de septembre (voir le lien ci-dessous), leurs représentants attendent que les choses se passent pour en juger. «Des premières analyses, il ressort que le 30 km/h entre 22 h et 6 h aura un impact limité sur le temps de parcours des transports publics à Lausanne, les bus n’assurant pas de service entre 0 h 30 et 5 h 30», explique Céline Epars, chargée de communication aux Transports publics de la région lausannoise (tl), dont le Comité de direction et le Conseil d’administration sont notamment composés de représentants de la Ville de Lausanne. Mais ce n’est pas tout, assure la porte-parole: «Des contacts ont été instaurés avec les autorités et un monitoring sera établi pour évaluer précisément l’effet du 30 km/h nocturne sur l’exploitation des transports publics.»

Le syndicat reste attentif

De son côté, le Syndicat du personnel des transports (SEV) de la région lausannoise, qui attendait que le déploiement du 30 km/h soit assorti de mesures d’accompagnement, reste attentif et prêt à réagir. «Est-ce que les mesures seront suffisantes pour compenser ce ralentissement? Il est impossible de le dire aujourd’hui, note Pablo Guarino, secrétaire syndical. Mais si le 30 km/h nocturne devait peser sur les journées des conductrices et des conducteurs, on s’en rendra vite compte et il faudra alors une réaction rapide des autorités. Nous n’accepterons pas que tout cela pèse sur le personnel, qui subit suffisamment de pression. Nous espérons aussi que ce dernier ne servira pas de cobayes lors du monitoring.» Le sujet du 30 km/h lausannois sera abordé lors de la prochaine Assemblée générale du SEV pour la région de Lausanne.

Le changement de vitesse comprend également l’installation d’indicateurs de vitesse et de radars. Image prétexte: Fotolia

La mise en œuvre du 30 km/h de nuit s’accompagne de la mise en feux clignotants d’une cinquantaine d’installations de régulation des carrefours. «Cette mesure permet d’améliorer la fluidité du trafic et contribue également à la diminution de 80% des «bruits de pointe» souvent causés par des accélérations excessives, explique la Ville. Afin d’informer et de sensibiliser les usagères et les usagers de véhicules motorisés à la nouvelle limitation en vigueur, une soixantaine d’indicateurs de vitesse seront installés sur l’ensemble de la ville.» Devant la presse, Florence Germond a toutefois assuré une certaine marge de tolérance face aux éventuelles infractions dans un premier temps.

Un outil légal

Pour rappel, le développement du 30 km/h de nuit à Lausanne a été retardé par un seul recours, celui d’un chauffeur de taxi. Pas longtemps, cependant, puisque cet été, la baisse générale de la vitesse nocturne à Lausanne a finalement été validée par les juges de la Cour de droit administratif. Qui en fait un cas appelé à se répéter dans le canton. «Cette mesure a intégré la boîte à outils à disposition des collectivités publiques pour lutter contre le bruit routier, rappelle, avec satisfaction, Laurent Tribolet, de la Direction générale de la mobilité et des routes du canton de Vaud. Peu coûteux, facile à mettre en œuvre et proportionné, ce dispositif a en effet démontré qu’il pouvait apporter des résultats significatifs pour améliorer la qualité de vie et la santé des habitants».