
Sept itinéraires pour apprécier le canton de Vaud
L’été est propice aux road trips. Mais prendre la route, ce n’est pas forcément partir loin. L’exotisme peut se trouver au bout du virage. Nous vous proposons donc sept escapades sur les chaussées vaudoises, pour voyager local, économiser son carburant et rêver 100% terroir.
Le canton de Vaud est «un bien joli canton», déclamait Gilles. C’était vrai en 1954, ça l’est toujours aujourd’hui. Et ce terroir aux multiples facettes ne se résume pas à une seule carte postale. Il est à la fois viticole et industriel, alpin et lacustre, tourné vers l’innovation autant qu’ancré dans ses traditions. Entre les rives du Léman, les crêtes jurassiennes et les vallées de montagne, chaque région possède son identité propre.
Pour prendre la mesure de cette diversité, rien ne vaut la route, peu importe le véhicule! Certaines traversées racontent à elles seules un pan de l’histoire du canton. D’autres dévoilent, au gré des virages ou du bâti, des paysages façonnés par des siècles d’activité humaine. Toutes offrent une manière différente de découvrir les terres vaudoises.
Voici nos suggestions, 7 itinéraires incontournables à travers le canton, pour découvrir le canton de Vaud dans toute sa richesse.


#1 Le canton de la vigne
La route de la Corniche
De Lutry à Vevey
La route de la Corniche est un immense classique. Elle séduit universellement: de l’autochtone en pâmoison au touriste de passage! C’est peut-être l’un des plus beaux panoramas de Suisse romande. Suspendue au-dessus du Léman, la route traverse les célèbres terrasses de Lavaux et relie une succession de villages vignerons dont les noms évoquent immédiatement le patrimoine viticole vaudois.
Ici, le paysage raconte l’histoire d’un patient travail humain. Durant des siècles, les hommes ont façonné les coteaux en construisant des terrasses soutenues par des kilomètres de murs de pierre. La vaulx signifie ainsi «la vallée». Ce dialogue entre la vigne, le lac et la montagne a donné naissance à un paysage culturel unique, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
À chaque saison, la lumière transforme le décor. Le bleu du Léman, les lignes géométriques du vignoble et les sommets alpins composent une mosaïque qui résume à elle seule l’image du canton. Bref: c’est LA carte postale.
Arrêt conseillé
Le belvédère du Dézaley ou la Tour de Gourze (avec escale fondue ou rösti pour parfaire le moment) histoire d’embrasser d’un seul regard les terrasses de Lavaux, le Léman et les Alpes.
Le petit plus
Parquer son char et embarquer pour une boucle de 3 heures en petit tortillard afin de découvrir en se hâtant lentement le panorama et les secrets de ces légendaires terrasse. Rendez-vous le 19 septembre, sur réservation.


#2 Le canton des forêts
La route des cols du Parc du Jura vaudois
De Cossonay à Saint-Cergue
En quittant les rives du Léman pour gagner le Jura vaudois, le changement d’ambiance est saisissant. La route franchit successivement les cols du Mollendruz et du Marchairuz avant de plonger dans l’immense écrin forestier du Parc Jura vaudois. Charme fou, murs de pierres sèches, épicéas fournis, fermes dispersées et vastes clairières donnent ici une impression d’espace rarement égalée dans le canton. On y trouve presque un petit air de Canada. Nom d’un caribou, pas étonnant que cette route et ses légendaires virages d’asphalte soient devenus des référence pour les motards, les cyclistes et tous les amoureux des belles virées!
Ici, le paysage raconte une autre facette du canton. Longtemps, ces cols ont constitué les principales voies de passage entre le Plateau et la Vallée de Joux. Les forêts, exploitées depuis des siècles, côtoient des pâturages façonnés par l’élevage, dessinant un équilibre subtil entre nature et activité humaine.
À chaque détour, le regard alterne entre les grands bois jurassiens, les clairières lumineuses et les panoramas qui s’ouvrent soudainement sur des sommets: coucou les Alpes, hello majestueux Mont-Blanc! Cet itinéraire rappelle que le canton de Vaud ne se résume pas au Léman, mais possède aussi l’un des plus beaux massifs forestiers du pays.
Arrêt conseillé
Le sommet du col du Marchairuz, pour profiter d’un panorama exceptionnel sur le Mont-Blanc et quasiment l’ensemble de l’arc alpin. Pour un surplus d’histoire, cliquez ici!
Le petit plus
Tenter l’aventure en transports publics et à pieds! Une balade en altitude, pour relier les deux cols du Parc Jura vaudois: le col du Mollendruz (1180 m) et le col du Marchairuz (1446 m).


#3 Le canton des campagnes
La route du Jorat à la Broye
Du Chalet-à-Gobet à Avenches
En quittant Lausanne, la route s’enfonce rapidement dans les grandes forêts du Jorat avant de déboucher sur les paysages ouverts de la Broye. Ici, les collines douces succèdent aux champs de céréales et les villages en molasse ponctuent l’horizon. Les fermes cossues, chiens dans la cour, roses trémières aux façades, rappellent que cette région est l’un des principaux greniers agricoles du canton.
Le décor paraît plus discret que celui des vignobles ou des Alpes. Pourtant, il raconte une histoire essentielle: celle d’une terre nourricière, façonnée depuis des siècles par l’agriculture. Moins sexy que la Riviera, moins flashy que le Lavaux, les grandes cultures, les élevage, les vergers et les prairies composent un paysage paisible où les saisons rythment encore largement la vie quotidienne. La tiaffe sur les chemins qui quadrillent les blés blonds ne fait pas semblant.
En approchant d’Avenches, le voyage prend une dimension historique. L’ancienne capitale romaine d’Helvétie rappelle la position stratégique de ces plaines fertiles depuis près de deux mille ans. Une route qui révèle un Vaud authentique, profondément attachant.
Arrêt conseillé
La vieille ville de Moudon la médiévale ou toucher le ciel depuis les remparts d’Avenches, en s’offrant un magnifique panorama sur la Broye.
Le petit plus
Une journée pour découvrir la Broye à travers des lieux insolites et habituellement planqués loin du regard du public! Ce sera le 26 septembre, mais les inscriptions seront ouvertes début juillet.


#4 Le canton des horlogers
La route de la Vallée de Joux
Du Pont au Brassus
Une fois franchis les cols jurassiens, changement d’atmosphère. Entre Le Pont et Le Brassus, la route longe les eaux paisibles du lac de Joux avant de traverser les villages qui ont forgé la réputation horlogère de la région.
Tic, tac. Ici les paysages ne se découvrent pas chronomètre en poche. Ils invitent davantage à la contemplation qu’à la performance. Les grandes forêts du Risoud. Un silence. Les pâturages ouverts. Une respiration. Les reflets du lac. Enfin, on souffle. Le décor est singulier. Quasi nordique par moments. Tic, tac. La montre gousset sort de sa poche. Loin d’être figée dans le passé, cette sérénité apparente cache l’un des moteurs économiques les plus prestigieux du canton.
Tic, tac. Depuis plus de deux siècles, la Vallée de Joux et ses manufactures donnent le tempo à tous les fans de toquantes d’exception. Le savoir-faire de ces artistes de la belle mécanique rayonne dans le monde entier. Peu d’endroits illustrent aussi bien le mariage entre nature préservée et excellence industrielle.
Arrêt conseillé
Les rives du lac au Pont ou le secteur du Rocheray, particulièrement photogénique par temps calme.
Le petit plus
Chaque premier mercredi du mois, profitez de l’offre culturelle de l’Espace Horloger en allant visiter le musée gratuitement. L’occasion de prendre son temps et de le remonter!


#5 Le canton des alpages
La route du col des Mosses
D’Aigle à Château-d’Œx
La route des Mosses est celle des grands paysages de montagne. Depuis Aigle, elle remonte la vallée des Ormonts avant d’atteindre les vastes pâturages du col et de poursuivre vers le Pays-d’Enhaut.
Chalets de bois, mignonneries des façades de bois rôties au soleil, prairies fleuries, troupeaux en estivage et sommets environnants composent un décor qui correspond à l’image que beaucoup se font spontanément des Alpes suisses. On traque Heidi derrière les chardons. On écoute sonner les cloches des vaches. Et pourtant, cette route raconte aussi le patrimoine économique et culturel apporté par la région au canton. Il laisse imaginer, entre les brins d’herbe si verts, les générations qui ont façonné ces paysages grâce à l’agriculture de montagne et à l’exploitation des alpages. Une petite dégustation de fromage ou un arrêt dans une ferme de montagne s’imposent.
Arrêt conseillé
Le plateau des Mosses ou les abords du Lac Lioson, qui mérite bien son surnom de «perle des lacs alpestres». La couleur de ses eaux émeraude inspire à la parfaite pause pique-nique, à la baignade ou à un tour en pédalo.
Le petit plus
Histoire de s’attendrir devant une autre facette des merveilles alpines, un petit parc animalier de plus de septante animaux, de la ferme et des espèces naines, de la biquette au mini lapin, en passant par les porcelets, enchanteront petits et grands.


#6 Le canton des inventeurs
La route de Sainte-Croix
D’Yverdon-les-Bains à Sainte-Croix
La montée vers Sainte-Croix constitue l’une des routes les plus spectaculaires du canton. Depuis Yverdon-les-Bains, la chaussée s’élève au travers des gorges de Covatannaz, franchissant ravins et ouvrages d’art dans un décor impressionnant. La route s’accroche littéralement au flanc de la montagne. On retient son souffle. Que regarder? Les falaises calcaires? Les forêts de hêtres et de sapins? Le gouffre ou le ciel au-dessus de la canopée?
Les virages s’enchaînent tandis que la vue se dégage progressivement sur la plaine de l’Orbe puis le Plateau suisse. Bye la plaine agricole, hello les fermes jurassiennes! Les feuillus s’effacent, apparaissent les résineux. Tiens, soudain, il fait plus frais et les premiers pâturages apparaissent. On n’est pas ici dans un col alpin mais les lacets de la route font illusion. Après les gorges, tout s’ouvre.
Attention, la RC254, qui constitue une liaison importante entre la Suisse et la France, avec une fréquentation moyenne de 6 800 véhicules par jour fait peau neuve, par tronçons. Des travaux de sécurisation des parois rocheuses seront réalisés du 29 juin au 14 août 2026, entre Vuiteboeuf et le lieu-dit du «Grand-Contour».
Arrivés à Sainte-Croix, le voyageur comprend que cette route a longtemps constitué la porte d’entrée industrielle de la ville.
Le canton de Vaud ne s’est pas construit uniquement autour de ses vignobles ou de son agriculture, mais également grâce à des savoir-faire techniques exportés dans le monde entier. Et à Sainte-Croix, l’ode à l’innovation est partout. Elle a profondément marqué l’identité de la région.
Arrêt conseillé
Les hauteurs de Sainte-Croix. Pile là où la vue s’ouvre progressivement sur l’ensemble du Plateau suisse. On en prend plein les mirettes.
Le petit plus
Les boîtes à musique de Reuge, les machines à écrire Hermès, les platines Thorens, les caméras Bolex ou encore les fixations de ski Kandahar? Si tout cela vous parle, et même si ce n’est pas encore le cas, la commune a inauguré l’an dernier une nouvelle balade industrielle. Au long d’un parcours de 18 point d’intérêts historiques, sur 4 kilomètres, entre anciennes manufactures et demeures patronales, le promeneur peut s’immerger dans le passé glorieux de Sainte-Croix, dévoile l’histoire des usines emblématiques de Sainte-Croix. Des codes QR permettent d’accéder aux informations détaillées sur chaque site.


#7 Le canton de la dolce vita lacustre
La route de La Côte
De Morges à Nyon
Le lac vous avait manqué? On y retourne. Entre Morges et Rolle, les petites routes de la Côte serpentent entre vignobles, vergers et villages au charme préservé. Le paysage semble ici avoir été conçu pour ralentir le rythme et profiter du voyage. C’est la Dolce Vita, façon Léman. La région viticole de La Côte, la plus vaste du canton de Vaud, s’étire sur la rive ouest du lac Léman sur plus de 1900 hectares. Bienvenue dans le berceau du chasselas.
Tout en haut, si haut qu’on a envie de piquer une tête dans le bleu, le Signal de Bougy constitue le point d’orgue de cet itinéraire. Depuis ce promontoire naturel, le regard balaie l’aquarelle des azurs du Léman, les Alpes et le Mont-Blanc. Peu d’endroits résument aussi bien l’exceptionnelle douceur qui caractérise cette région du canton. Vous en voulez encore? Entre le château de Vufflens, les jardins du château de Vuillerens ou les ruelles d’Aubonne, la région multiplie les haltes de charme. Ici, le voyage importe souvent davantage que la destination.
Cette route raconte une autre facette du terroir vaudois: celle des cultures fruitières et des domaines viticoles. On parle alors d’un art de vivre intimement lié au lac et à son climat particulièrement clément.
Arrêt conseillé
le Signal de Bougy, l’un des plus beaux balcons naturels du canton sur le Léman et les Alpes.
Le petit plus
On parle ici de Dolce Vita. Le petit plus sera donc des grands petits riens. Manger une glace à Rolle, chez Histoire de glaces, au milieu de la Grand-Rue. Ou savourer un apéro avec un délicieux fromage de chèvre fermier de la Ferme de la Croix-de-Luisant et un vin du cru sur les hauteurs d’Aubonne. Flâner dans les jardins du Château de Vuillerens. Contempler, et ne rien faire. Trouvez votre bonheur.
Sept routes, sept visages d’un même canton
De Lavaux aux alpages des Mosses, des forêts du Jura aux villages horlogers de la Vallée de Joux, ces sept itinéraires révèlent toute la diversité du canton de Vaud.
Chacune de ces routes raconte une histoire différente: celle du vin, des grands espaces, des échanges commerciaux, de l’horlogerie, de la montagne, de l’innovation ou encore de la douceur lémanique. Ensemble, elles dessinent le portrait d’un territoire aux multiples facettes, où chaque détour permet de mieux comprendre ce qui fait l’identité vaudoise.
Car parfois, pour découvrir un canton, il suffit simplement de prendre la route.
