
Le vélo a la cote. Écologique et pratique, il séduit toujours plus d’usagers. Et de voleurs! Protéger son vélo du vol devient alors un vrai défi.
Acheter un vélo. Aimer son vélo. Pleurer le vol de son vélo. Voici la tragédie en trois actes la plus commune de ces dernières années. Effectivement, les vols de vélos explosent en Suisse comme en Europe. Selon les chiffres de la criminalité en 2024, les autorités ont enregistré 27 547 bicyclettes volées. En y ajoutant 26 761 cyclomoteurs électriques, une catégorie qui inclut aussi les e-scooters et trottinettes, plus de 54 000 deux-roues ont disparu en un an. L’an dernier, 25 272 bicyclettes et 25 873 cyclomoteurs électriques ont encore été signalés volés.
Tout augmente!
Pire encore, ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Selon PRO VELO, seule une fraction des vols est déclarée, car beaucoup renoncent à porter plainte. Ainsi, le nombre réel pourrait être deux fois plus élevé. Protéger son vélo du vol devient donc essentiel.
Parallèlement, le coût des vols augmente. Selon AXA, la valeur moyenne d’un vélo volé dépasse aujourd’hui 2 300 francs. Autrement dit, c’est presque le double d’il y a dix ans. Cette hausse s’explique en grande partie par le succès des vélos électriques.
Si le vol de vélo est en plein essor, le coût de ces larcins suit la même tendance. Selon AXA, le montant moyen d’un vélo volé dépasse aujourd’hui 2300 francs, soit presque le double d’il y a dix ans. L’essor des vélos électriques, plus chers, explique en grande partie cette hausse.
La Suisse, paradis des voleurs de bicyclettes

Mais alors, pourquoi l’Helvétie est-elle spécialement attirante pour les brigands des deux-roues? Ne sait-on pas protéger nos vélos du vol?
Premièrement: la valeur des vélos. Entre vélos électriques, modèles en carbone, vélos cargos et équipements haut de gamme, chez nous, le butin est souvent très intéressant.
Deuxièmement: un sentiment de sécurité trompeur. Beaucoup de cyclistes laissent leur vélo sans protection ou avec un antivol insuffisant, même pour une courte durée. Or, le «ici, c’est tranquille», ne fonctionne plus vraiment.
Troisièmement: un risque limité pour les voleurs. Le vol de vélo est peu élucidé. On parle de moins de 5 pourcents de cas résolus. Interrogée par La Liberté, la police cantonale vaudoise rétorque que les enquêtes sont menées «avec les moyens disponibles en tenant compte des principes d’opportunité et de proportionnalité», et des investigations plus poussées ne sont engagées que lorsque de nouveaux éléments concrets émergent.
Quatrièmement: la position géographique. La Suisse, au cœur de l’Europe, facilite l’acheminement rapide des vélos vers l’étranger ou leur revente en pièces détachées.

Des régions plus touchées
Les disparités régionales sont importantes. Une cellule enquête de Tamedia a, par exemple équipé un vélo de mouchards avant de l’abandonner. En quelques minutes, il était volé. L’enquête montre que la situation géographique de la Suisse, au cœur de l’Europe, et entourée de nombreuses frontières ouvertes permet aux voleurs professionnels et aux bandes organisées d’acheminer rapidement leur butin roulant à l’étranger. À Bâle, environ un ménage sur 30 est touché. À Berne, il s’agit d’un ménage sur 50. À Zurich, un sur 60. À Genève, un sur 63. À Lausanne, un sur 79. Protéger son vélo du vol ne suffira surement pas à le soustraire à la convoitise. Néanmoins, c’est au moins un début!
Les zones proches des frontières ou fortement urbanisées sont particulièrement concernées.
Alors, comment protéger son vélo du vol?
Dinguerie, la solution miracle n’existe pas! L’article de la cellule enquête de Tamedia montre même qu’un vélo parqué sur le domaine public peut disparaître quelques minutes seulement après avoir été laissé. Il n’existe ainsi pas de solution infaillible. En revanche, si l’objectif est de rendre le vol plus difficile et moins attractif, nous vous suggérons quelques pistes compilées ça et là:

Miser sur un bon antivol
Choisir un antivol robuste, de type U ou une chaîne. Solide étant l’adjectif principal. Éviter les antivols de mauvaise qualité. Attacher le cadre, pas uniquement la roue. Dans le même registre, fixer le vélo à un point fixe solide. Idée retorse, combiner deux antivols pour renforcer la protection et faire suer le malfrat!
Pour s’équiper concrètement, le TCS recommande différents modèles d’antivols adaptés au niveau de risque.
Choisir son stationnement
Privilégier les endroits visibles, éclairés et fréquentés. Éviter les habitudes de stationnement et de laisser votre vélo s’enrhumer seul au même endroit pendant des jours ou des semaines. Utiliser un local fermé lorsque c’est possible.

A ce sujet, Lausanne serait la première ville du pays à déployer des abris fermés et sécurisés, appelés Vélobox. C’est quoi ce truc? Eh bien c’est une sorte de container, formé d’arceaux couverts, auquel les habitants vivant à proximité peuvent s’abonner. Grâce à une application, le propriétaire peut y déposer ou retirer son vélo, 24 heures sur 24. Au total, 1048 places seront installées en 2026.
Adopter les bons réflexes
Ne jamais laisser son vélo sans surveillance, même «rien qu’une minute»! Spécial physique pour les nuls: placer l’antivol en hauteur pour limiter l’effet de levier! Ne jamais attacher uniquement une roue ou un élément démontable.
N’oubliez pas non plus qu’enregistrer son vélo sur des plateformes dédiées peut être rudement efficace:
https://velofinder.ch
https://velo-vignette.ch
https://www.bicycode.eu
Aussi, noter le numéro de cadre, la marque et la couleur de votre précieux avant de lui tirer le portrait: une photo étant rudement efficace s’il devait malgré tout disparaître!
Les solutions technologiques existent!
Les traceurs GPS et autres dispositifs peuvent aider à retrouver un vélo. Ils ne remplacent toutefois pas un bon antivol. Leur efficacité dépend aussi de leur emplacement et de leur discrétion.
Quid des assurances?
En général, les vélos sont assurés dans le cadre de l’assurance ménage. Toutefois, les compagnies d’assurance peuvent, dans certaines circonstances, retirer le vol de bicyclette de la couverture. S’ils existent des failles dans la couverture de l’assurance ménage, une assurance vélo pourrait être la solution. La prudence est de mise également avec les vélos électriques rapides: ils peuvent ne pas être couverts parce qu’ils sont classés comme des cyclomoteur. Veillez donc à vérifier les détails de votre police d’assurance.
Pour une protection plus complète, le TCS propose une assurance spécifique couvrant le vol et certains dommages.
En résumé
Protéger son vélo consiste à le rendre moins attractif pour un voleur. Un antivol solide, un stationnement réfléchi et quelques bonnes habitudes permettent de réduire significativement les risques.
Le risque zéro n’existe pas. Mais il est possible de compliquer sérieusement la tâche des voleurs. Qui sera le plus malin?
